Démystifiez la fertilité : mythes et fausses idées autour de la fertilité (Partie 1/2)

Cet article initialement publié en mai 2023 a été modifié en février 2024.

Les questions autour de la fertilité sont souvent entourées de mythes et de malentendus. Il est donc nécessaire de clarifier certaines fausses idées existantes autour de ce sujet.

En abordant les cycles menstruels, l’hérédité, le rôle des hommes et des femmes dans la fertilité jusqu’à l’influence de l’âge, ces mythes nuisent aux couples et aux femmes en créant de fausses attentes ou en empêchant les gens de prendre les bonnes décisions en matière de planification familiale.

De plus, ces mythes nuisent également à la société en général en perpétuant des stéréotypes et des idées fausses sur la fertilité. Pour vous aider à naviguer plus sereinement dans votre parcours de fertilité, explorons quelques-uns de ces mythes…

Cet article est proposé en deux parties.

Mythe n°1 : Les femmes fertiles ont un cycle menstruel régulier (1)

Femme en tailleur qui sourit

« Les femmes doivent avoir un cycle menstruel régulier pour être fertiles », une idée largement répandue… Mais est-elle vraiment fondée sur la réalité ?

Le mythe du cycle menstruel régulier sur la fertilité

Un cycle menstruel « normal » est souvent défini comme un cycle de 28 jours, bien que cela puisse varier de 21 à 35 jours chez les adultes, et de 21 à 45 jours chez les adolescentes. De nombreuses femmes pensent que si leur cycle n’est pas parfaitement régulier, elles auront du mal à concevoir.

Cette croyance est un mythe : chaque femme est différente. La longueur et la régularité des cycles menstruels varient considérablement d’une femme à l’autre. Bien que les femmes ayant un cycle menstruel régulier aient généralement une meilleure chance de concevoir, cela ne signifie pas que les femmes ayant des cycles irréguliers sont infertiles.

La fertilité et le cycle menstruel

La fertilité dépend de l’ovulation, qui est la libération d’un ovule par l’un des ovaires. Cette libération a généralement lieu au milieu du cycle menstruel. Cependant, l’ovulation peut se produire à différents moments du cycle selon les femmes. De même, cette ovulation peut ne pas se produire au même moment à chaque cycle pour une même femme…

Un cycle menstruel irrégulier (causé par des facteurs tels que le stress, les changements de poids ou des conditions médicales sous-jacentes, pilule contraceptive…) peut rendre plus difficile l’ovulation, mais cela ne signifie pas qu’une femme ne peut pas tomber enceinte. En fait, tant qu’une femme ovule, elle a une chance de concevoir, peu importe la régularité de son cycle.

Mythe n°2 : Les hommes ne sont pas responsables de l’infertilité (2)

Un deuxième mythe répandu est l’idée que l’infertilité est principalement, voire exclusivement, un problème féminin. Cette croyance, bien qu’ancrée dans de nombreuses cultures et sociétés, est en réalité loin de la vérité. (3).

Le mythe de la responsabilité féminine dans l’infertilité

« Si un couple a du mal à concevoir, c’est principalement à cause de problèmes de fertilité de la femme » : cette idée courante est largement répandue, mais incorrecte.

L’infertilité est définie comme l’incapacité à concevoir après un an de rapports sexuels non protégés (4). Elle peut être due à des problèmes chez l’homme, la femme, les deux, ou parfois, la cause peut rester inconnue.

La réalité de l’infertilité masculine

Les problèmes de fertilité chez les hommes sont responsables d’environ 25 % des cas d’infertilité (5). Les facteurs sont multiples : anomalies du sperme, mauvaise mobilité des spermatozoïdes ou anomalies de forme des spermatozoïdes… D’autres facteurs incluent des problèmes d’éjaculation, des lésions testiculaires, des déséquilibres hormonaux, ou des conditions génétiques…

Les facteurs de mode de vie jouent également un rôle dans la fertilité masculine. Par exemple, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, l’usage de drogues, l’obésité, le stress, et certains médicaments affectent la qualité et la quantité des spermatozoïdes.

Couple angoissé

Mythe n°3 : Les positions sexuelles affectent la fertilité

Couple faisant l'amour

Aucune preuve scientifique n’appuie le fait que les positions sexuelles peuvent affecter la fertilité. La position sexuelle n’a aucun effet sur la probabilité de conception. La clé est de s’assurer que les rapports sexuels ont lieu pendant la période fertile de la femme.

Le mythe des positions sexuelles et la fertilité

L’un des mythes les plus répandus est que certaines positions sexuelles favorisent la fertilité en facilitant le parcours des spermatozoïdes vers l’ovule. Des positions comme « le missionnaire » ou « les jambes en l’air » sont souvent citées comme étant les meilleures pour concevoir.

Toutefois, la science n’appuie pas ces assertions. Les études montrent qu’il n’y a pas de preuve concluante qu’une certaine position sexuelle influence significativement les chances de conception. Bien que la gravité puisse jouer un rôle sur le corps, la mobilité des spermatozoïdes ne dépend pas de la position adoptée pendant le rapport sexuel.

La réalité des maladies sexuellement transmissibles (MST) (6)

Si les positions sexuelles n’ont pas d’impact significatif sur la fertilité, il faut tout de même énoncer un laïus concernant les maladies sexuellement transmissibles (MST).

Les MST sont des infections se transmettant par contact sexuel non protégé, et elles peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, y compris la fertilité. Certaines MST peuvent causer une inflammation pelvienne, des douleurs chroniques, des grossesses extra-utérines, et même l’infertilité si elles ne sont pas traitées.

Il est donc très important de se protéger lors des rapports sexuels quand une bactérie a été détectée et/ou quand un MST est en cours de traitement, peu importe la position adoptée.

Mythe n°4 : La pilule contraceptive peut causer l'infertilité (7)

Considérée comme une des méthodes de contraception les plus populaires et les plus efficaces, un mythe récurrent entoure son utilisation, notamment l’idée qu’elle pourrait causer l’infertilité. Alors, qu’en est-il vraiment ?

Le mythe de l’infertilité et la pilule

Selon ce mythe courant, une utilisation prolongée de la pilule contraceptive pourrait conduire à l’infertilité. Cette idée cause une grande inquiétude chez de nombreuses femmes, craignant que leur choix de contraception ne compromette leur capacité à concevoir à l’avenir.

Pourtant, cette conviction est aussi une fausse idée. La réalité est que la pilule contraceptive n’affecte pas la fertilité à long terme. En fait, certaines femmes peuvent avoir une fertilité augmentée après avoir arrêté la pilule contraceptive. En revanche, une période de temps après l’arrêt de la pilule est possible avant de pouvoir tomber enceinte.

La réalité de la contraception et la fertilité

La pilule contraceptive fonctionne en supprimant temporairement l’ovulation. Par contre, ces effets sont réversibles et ne durent que pendant la durée de l’utilisation de la pilule.

Une fois qu’une femme arrête de prendre la pilule, les effets contraceptifs s’estompent rapidement et son cycle reprend son cours normal. La plupart des femmes ovulent à nouveau dans les mois suivant l’arrêt de la pilule, et leurs chances de tomber enceinte reviennent à ce qu’elles étaient avant de commencer la pilule.

Il est tout de même important de noter qu’il peut y avoir un délai avant que le cycle menstruel ne revienne à la normale après l’arrêt de la pilule. C’est ce qu’on appelle « l’aménorrhée post-contraceptive », et cela peut parfois être confondu avec l’infertilité. Cependant, cela est généralement temporaire et ne signifie pas que la femme est infertile.

En outre, la pilule occasionne parfois des règles artificiellement, peut dérégler le cycle, ou provoquer un SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques = dérèglement hormonal) et créer des fuites, entraînant à leur tour des carences en magnésium, en zinc, et en vitamine D.

Un focus sur la santé reproductive

Si une femme a des difficultés à concevoir après avoir arrêté la pilule, il est plus probable que d’autres facteurs soient en jeu. L’âge, les problèmes de santé sous-jacents, les problèmes de poids, le stress, et d’autres facteurs peuvent tous affecter la fertilité.

De même, il est important de sensibiliser les couples à l’impact des perturbateurs endocriniens sur la fertilité. Les perturbateurs endocriniens, présents dans de nombreux produits courants tels que les produits de beauté, les produits d’entretien, les plastiques alimentaires et les pesticides, peuvent affecter la fertilité chez les hommes et les femmes.

Les couples doivent être conscients de ces risques et prendre des mesures pour réduire leur exposition à ces produits nocifs.

Plaquette de pilule contraceptive
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